Cette première semaine de discussion a clairement mis en évidence une chose… l’appel à une évaluation tournée vers l’avenir ne provient pas d’un seul camp ou d’une seule méthodologie. Il résulte d’une frustration concrète ressentie dans l’ensemble des pratiques. Conny Rietdorf nous a rappelé que le « L » (apprentissage) dans le sigle MEL est souvent la première victime lorsque l’évaluation devient un simple exercice de conformité plutôt qu’un espace de réflexion et d’apprentissage. Carlos Tarazona a ensuite poussé la réflexion plus loin à travers l’évaluation « One Health » de la FAO, montrant comment une analyse rétrospective peut être solide sur le passé tout en restant insuffisante pour les futurs qui émergent aujourd’hui. Sa redéfinition de la pertinence comme une aptitude à l’avenir, de la durabilité comme une résilience face au changement, et de la cohérence comme la capacité à travailler à travers les systèmes nous a donné un langage puissant pour penser différemment.
D'autres intervenants ont affiné le tableau. Serdar Bayryyev a mis en évidence les conditions institutionnelles nécessaires à ce changement (à savoir les capacités, les cadres pratiques et le changement organisationnel). Silva Ferretti nous a mis au défi de ne pas traiter la prospective comme une solution technique à un problème culturel plus profond, en posant la question plus difficile : « À quoi sert l'évaluation ? » Alexis Adébayo a ancré la discussion dans la réalité climatique, où des chocs externes peuvent déstabiliser l’attribution et affaiblir l’utilité des résultats. Rhode Early Charles nous a rappelé que l’analyse prédictive et la prospective ne sont pas rivales mais complémentaires, surtout si nous parvenons à surmonter la fragmentation des systèmes de données. Emmanuel Erick Igiha et Amy Mara nous ont ramenés à l’objectif. L’évaluation, dans le meilleur des cas, devrait aider les gens à s’améliorer, à s’adapter et à naviguer vers ce qui vient ensuite.
Le fil conducteur qui se dégage de la première semaine est donc le suivant : le passage de la rétrospective à la prospective est certes méthodologique, mais aussi institutionnel et profondément culturel. Il nécessite non seulement de nouveaux outils, mais aussi une orientation différente vis-à-vis des données, de l’incertitude, de l’apprentissage et du changement. Cela semble être un point de départ important.
Perspectives : Au cours de la semaine à venir, nous nous pencherons sur l’impératif transformationnel et examinerons la prospective transformationnelle à travers un article à paraître dans le Journal of MultiDisciplinary Evaluation. Si vous n’êtes pas familier avec l’impératif transformationnel au sein des écosystèmes d’évaluation, j’ai joint une brève note de quatre pages rédigée par Scott Chaplowe et Joyce Mukoma.
RE: From Hindsight to Foresight: How Evaluation Can Become Future-Informed
Kenya
Steven Lynn Lichty
Managing Partner
REAL Consulting Group
Posté le 28/03/2026
Résumé - Semaine 1
Cette première semaine de discussion a clairement mis en évidence une chose… l’appel à une évaluation tournée vers l’avenir ne provient pas d’un seul camp ou d’une seule méthodologie. Il résulte d’une frustration concrète ressentie dans l’ensemble des pratiques. Conny Rietdorf nous a rappelé que le « L » (apprentissage) dans le sigle MEL est souvent la première victime lorsque l’évaluation devient un simple exercice de conformité plutôt qu’un espace de réflexion et d’apprentissage. Carlos Tarazona a ensuite poussé la réflexion plus loin à travers l’évaluation « One Health » de la FAO, montrant comment une analyse rétrospective peut être solide sur le passé tout en restant insuffisante pour les futurs qui émergent aujourd’hui. Sa redéfinition de la pertinence comme une aptitude à l’avenir, de la durabilité comme une résilience face au changement, et de la cohérence comme la capacité à travailler à travers les systèmes nous a donné un langage puissant pour penser différemment.
D'autres intervenants ont affiné le tableau. Serdar Bayryyev a mis en évidence les conditions institutionnelles nécessaires à ce changement (à savoir les capacités, les cadres pratiques et le changement organisationnel). Silva Ferretti nous a mis au défi de ne pas traiter la prospective comme une solution technique à un problème culturel plus profond, en posant la question plus difficile : « À quoi sert l'évaluation ? » Alexis Adébayo a ancré la discussion dans la réalité climatique, où des chocs externes peuvent déstabiliser l’attribution et affaiblir l’utilité des résultats. Rhode Early Charles nous a rappelé que l’analyse prédictive et la prospective ne sont pas rivales mais complémentaires, surtout si nous parvenons à surmonter la fragmentation des systèmes de données. Emmanuel Erick Igiha et Amy Mara nous ont ramenés à l’objectif. L’évaluation, dans le meilleur des cas, devrait aider les gens à s’améliorer, à s’adapter et à naviguer vers ce qui vient ensuite.
Le fil conducteur qui se dégage de la première semaine est donc le suivant : le passage de la rétrospective à la prospective est certes méthodologique, mais aussi institutionnel et profondément culturel. Il nécessite non seulement de nouveaux outils, mais aussi une orientation différente vis-à-vis des données, de l’incertitude, de l’apprentissage et du changement. Cela semble être un point de départ important.
Perspectives : Au cours de la semaine à venir, nous nous pencherons sur l’impératif transformationnel et examinerons la prospective transformationnelle à travers un article à paraître dans le Journal of MultiDisciplinary Evaluation. Si vous n’êtes pas familier avec l’impératif transformationnel au sein des écosystèmes d’évaluation, j’ai joint une brève note de quatre pages rédigée par Scott Chaplowe et Joyce Mukoma.