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RE: Evaluation under pressure : Strengthening evidence use, accountability and learning amidst funding constraints (Joint EvalforEarth-ALNAP discussion)

Diene Ndiaye

Senegal

Diene Ndiaye

Consultant

Expert

Posté le 21/10/2026

Je remercie EvalforEarth et ALNAP d’avoir ouvert ce débat pour lequel je partage trois leçons tirées de plus de vingt-cinq ans d’expériences. Il touche directement les administrations des pays partenaires, qui commandent ou reçoivent des évaluations alors que leurs moyens se réduisent.

1. Évaluer moins, mais mieux. Les contraintes budgétaires obligent à choisir. Une évaluation qui répond à trois questions utiles pour une décision vaut mieux qu’une évaluation qui coche tous les critères du CAD sans moyens suffisants. Il faut choisir les questions avec les décideurs, dès la conception, et ne pas les ajouter en fin de projet.

2. Valoriser les données qui existent déjà. Les administrations produisent beaucoup de données de routine mais elles sont souvent sous-exploitées. Une évaluation qui s’appuie sur ces systèmes coûte moins cher. Elle renforce aussi les dispositifs au lieu de créer des collectes parallèles qui disparaissent avec le projet.

3. Protéger l’honnêteté de l’évaluation. Quand les financements se raréfient, on est tenté de ne publier que les résultats positifs. Ce serait une erreur grave. Les échecs documentés sont souvent ce qui sert le plus aux projets suivants. Les bailleurs ont un rôle à jouer : ils doivent montrer qu’un constat d’échec bien analysé ne fera pas automatiquement perdre un financement.

Enfin, l’apprentissage ne devrait pas s’arrêter au rapport. Une restitution courte et ciblée, auprès des services techniques et des organisations professionnelles, coûte peu et sert beaucoup plus que des rapports volumineux que personne ne lit.

Diène NDIAYE, Ingénieur des Pêches, Sénégal