KOUOTOU NGOUCHEME Léandre est Président Exécutif et coordonnateur des Programmes de l’association HI-LIFE. A travers des consulations et l'appui-conseil, il appuie continuellement des organisations de la sociétés civile dans l'élaboration de leurs plans stratégiques et opérationnels et dans la formulation des dispositifs de suivi-évaluation.
Parallèlement, il occupe des fonctions dans l'administration publique camerounaise qui l'ont conduit à participer à l'élaboration et la mise en œuvre de dispositifs de suivi-évaluation. En effet, en tant qu’expert du Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique, depuis 2021, il est le Chef de Mission de l’Equipe en charge du suivi-évaluation du Plan Triennal Spécial Jeunes dans la région du Nord, un programme de promotion et de facilitation de l’insertion des jeunes.
A ce titre, il a eu plusieurs responsabiltés, notamment :
- la supervision des opérations régionales (sélection des bénéficiaires, pré validation des plans d’installation en clusters et villages pionniers, descentes pour le suivi) ;
- l’organisation des formations régionales ou départementales pour le renforcement des capacités d’intervention des responsables MINJEC et des acteurs de la chaine d’encadrement et de suivi-évaluation du PTS-Jeunes dans la région du Nord;
- l’organisation des réunions techniques avec les autorités administratives lors des descentes de l’équipe régionale ;
- la supervision de l’accompagnement des jeunes ;
- la supervision des activités régionales de suivi-évaluation ;
- la supervision de la rédaction et de la transmission des rapports de suivi.
Il a participé également à des activités d’élaboration, de mise en œuvre et de suivi-évaluation d’autres programmes et projets du Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique.
Cameroon
LEANDRE KOUOTOU NGOUCHEME
Président exécutif
Association HI-LIFE
Posté le 21/10/2026
Cette discussion sur « L'évaluation sous pression » soulève un défi fondamental : la nécessité de continuer à produire des données pertinentes, utiles et en temps opportun malgré la baisse et l'incertitude des ressources. Pour répondre directement à la question sur les « adaptations et solutions pratiques » permettant de faire face à ces contraintes de financement, je souhaite souligner le rôle stratégique de la digitalisation des pratiques évaluatives.
Dans un contexte de rationnement budgétaire, le passage aux évaluations numériques permet de réduire drastiquement les coûts logistiques (déplacements, enquêtes papier) tout en élargissant la couverture géographique de la collecte de données.
Un exemple concret et inspirant est celui du Ministère de la Jeunesse et de l'Éducation Civique du Cameroun. Pour surmonter les défis liés aux ressources limitées, nous avons adopté des pratiques de suivi et évaluation en ligne afin de capter en temps réel les données de nos services étendus à travers les 360 arrondissements du pays.
Cette approche digitalisée a eu un double impact :
- l'alimentation continue des indicateurs : Les données collectées en ligne servent à renseigner de manière fiable et rapide les indicateurs de performance des différents programmes du ministère;
- l'ajustement opérationnel : Les services opérationnels sur le terrain s'appuient sur ces remontées d'informations pour ajuster leurs actions et agir concrètement pour la réalisation des objectifs liés à ces programmes.
Au-delà de la simple efficience économique, cette transition numérique transforme profondément les dynamiques d'apprentissage et de redevabilité inhérentes au suivi et à l'évaluation. D'une part, la traçabilité et l'accessibilité quasi instantanée des données renforcent la transparence et la redevabilité envers les parties prenantes, en permettant de démontrer rapidement comment les ressources (même limitées) génèrent de l'impact. D'autre part, elle catalyse l'apprentissage organisationnel continu : grâce à des boucles de rétroaction beaucoup plus courtes, les décideurs et les équipes de terrain n'attendent plus la fin d'un cycle de projet pour tirer des leçons. Ils peuvent identifier les défis structurels et réajuster leurs stratégies d'intervention en temps réel.
En conclusion, la digitalisation ne remplace pas la rigueur méthodologique, mais elle constitue une innovation concrète pour maintenir l'utilité de l'évaluation et renforcer son intégration dans la prise de décision stratégique, garantissant ainsi que l'évaluation demeure un outil de pilotage dynamique plutôt qu'un simple exercice de conformité a posteriori, même lorsque les budgets sont sous forte pression.