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RE: Evaluation under pressure : Strengthening evidence use, accountability and learning amidst funding constraints (Joint EvalforEarth-ALNAP discussion)

LEANDRE KOUOTOU NGOUCHEME

Cameroon

LEANDRE KOUOTOU NGOUCHEME

Président exécutif

Association HI-LIFE

Posté le 21/10/2026

Cette discussion sur « L'évaluation sous pression » soulève un défi fondamental : la nécessité de continuer à produire des données pertinentes, utiles et en temps opportun malgré la baisse et l'incertitude des ressources. Pour répondre directement à la question sur les « adaptations et solutions pratiques » permettant de faire face à ces contraintes de financement, je souhaite souligner le rôle stratégique de la digitalisation des pratiques évaluatives.

Dans un contexte de rationnement budgétaire, le passage aux évaluations numériques permet de réduire drastiquement les coûts logistiques (déplacements, enquêtes papier) tout en élargissant la couverture géographique de la collecte de données.

Un exemple concret et inspirant est celui du Ministère de la Jeunesse et de l'Éducation Civique du Cameroun. Pour surmonter les défis liés aux ressources limitées, nous avons adopté des pratiques de suivi et évaluation en ligne afin de capter en temps réel les données de nos services étendus à travers les 360 arrondissements du pays.

Cette approche digitalisée a eu un double impact :

- l'alimentation continue des indicateurs : Les données collectées en ligne servent à renseigner de manière fiable et rapide les indicateurs de performance des différents programmes du ministère;

- l'ajustement opérationnel : Les services opérationnels sur le terrain s'appuient sur ces remontées d'informations pour ajuster leurs actions et agir concrètement pour la réalisation des objectifs liés à ces programmes.

Au-delà de la simple efficience économique, cette transition numérique transforme profondément les dynamiques d'apprentissage et de redevabilité inhérentes au suivi et à l'évaluation. D'une part, la traçabilité et l'accessibilité quasi instantanée des données renforcent la transparence et la redevabilité envers les parties prenantes, en permettant de démontrer rapidement comment les ressources (même limitées) génèrent de l'impact. D'autre part, elle catalyse l'apprentissage organisationnel continu : grâce à des boucles de rétroaction beaucoup plus courtes, les décideurs et les équipes de terrain n'attendent plus la fin d'un cycle de projet pour tirer des leçons. Ils peuvent identifier les défis structurels et réajuster leurs stratégies d'intervention en temps réel.

En conclusion, la digitalisation ne remplace pas la rigueur méthodologique, mais elle constitue une innovation concrète pour maintenir l'utilité de l'évaluation et renforcer son intégration dans la prise de décision stratégique, garantissant ainsi que l'évaluation demeure un outil de pilotage dynamique plutôt qu'un simple exercice de conformité a posteriori, même lorsque les budgets sont sous forte pression.