L’évaluation sous pression : préserver la qualité des données probantes et renforcer leur utilisation dans la prise de décision
Dans mon expérience en gestion de projets de développement, notamment au sein de l’organisme Canadien où je travaille actuellement le suivi-évaluation occupe une place importante dans l’appréciation des résultats, la redevabilité envers les partenaires et l’orientation des décisions. Le traitement de formulaires de suivi, de questionnaires de collecte de données et d’outils de mesure des résultats m’a permis de constater que la disponibilité des données ne garantit pas nécessairement leur utilisation effective.
Les contraintes budgétaires peuvent limiter les visites de terrain, les entretiens avec les bénéficiaires et le suivi post-intervention. Elles conduisent quelque fois les organisations à privilégier la production de rapports dans les délais impartis au détriment d’une analyse approfondie des changements observés.
Face à ces contraintes, nous pouvons adapter nos pratiques en simplifiant les outils de collecte sans sacrifier les indicateurs essentiels, en harmonisant les formulaires et en exploitant les données déjà disponibles. Le recours aux entretiens à distance constitue également une option lorsque le contexte (bonne connexion internet) le permet. Toutefois, mon expérience du traitement des données me rappelle l’importance de vérifier leur cohérence et de tenir compte des limites des méthodes utilisées. Dans les interventions de renforcement des capacités, par exemple, les résultats immédiats d’une formation ne suffisent pas à démontrer que les compétences acquises sont effectivement appliquées. Un suivi différé – dans les 6 à 9 prochains mois – nous permet de mieux apprécier leur appropriation et leur contribution aux changements attendus.
À mon sens, les contraintes budgétaires exigent avant tout une meilleure hiérarchisation des besoins d’information et une intégration de l’apprentissage dans la gestion courante des projets. Nous devons également préserver l’indépendance de l’évaluation et partager les enseignements avec les parties prenantes. Même sous pression budgétaire, l’évaluation doit être considérée comme un investissement stratégique qui permet d’améliorer les interventions, plutôt que comme une dépense secondaire.
RE: Evaluation under pressure : Strengthening evidence use, accountability and learning amidst funding constraints (Joint EvalforEarth-ALNAP discussion)
Côte d'Ivoire
Atta B. Jacob KOBENAN (PhD)
Anthropologue, Chargé de programme
Catalyste+
Posté le 19/10/2026
L’évaluation sous pression : préserver la qualité des données probantes et renforcer leur utilisation dans la prise de décision
Dans mon expérience en gestion de projets de développement, notamment au sein de l’organisme Canadien où je travaille actuellement le suivi-évaluation occupe une place importante dans l’appréciation des résultats, la redevabilité envers les partenaires et l’orientation des décisions. Le traitement de formulaires de suivi, de questionnaires de collecte de données et d’outils de mesure des résultats m’a permis de constater que la disponibilité des données ne garantit pas nécessairement leur utilisation effective.
Les contraintes budgétaires peuvent limiter les visites de terrain, les entretiens avec les bénéficiaires et le suivi post-intervention. Elles conduisent quelque fois les organisations à privilégier la production de rapports dans les délais impartis au détriment d’une analyse approfondie des changements observés.
Face à ces contraintes, nous pouvons adapter nos pratiques en simplifiant les outils de collecte sans sacrifier les indicateurs essentiels, en harmonisant les formulaires et en exploitant les données déjà disponibles. Le recours aux entretiens à distance constitue également une option lorsque le contexte (bonne connexion internet) le permet. Toutefois, mon expérience du traitement des données me rappelle l’importance de vérifier leur cohérence et de tenir compte des limites des méthodes utilisées. Dans les interventions de renforcement des capacités, par exemple, les résultats immédiats d’une formation ne suffisent pas à démontrer que les compétences acquises sont effectivement appliquées. Un suivi différé – dans les 6 à 9 prochains mois – nous permet de mieux apprécier leur appropriation et leur contribution aux changements attendus.
À mon sens, les contraintes budgétaires exigent avant tout une meilleure hiérarchisation des besoins d’information et une intégration de l’apprentissage dans la gestion courante des projets. Nous devons également préserver l’indépendance de l’évaluation et partager les enseignements avec les parties prenantes. Même sous pression budgétaire, l’évaluation doit être considérée comme un investissement stratégique qui permet d’améliorer les interventions, plutôt que comme une dépense secondaire.